Jésus
avait déjà choisi ses disciples, et ils avaient été
attirés à lui par son magnétisme religieux. Cependant,
étant naïfs, ils n’avaient
pas encore achevé une compréhension des idées de Jésus.Après
tout, ils étaient des pêcheurs et des gens de la campagne
de Galilée qui s’ouvraient
aux engagements simples, aux bontés et à la compassion.Ils
n’avaient
pas été choisis parmi les intellectuels qui sont trop complexes
dans leurs pensées et s’engagent
en défendant habilement leur propre point de vue.
.
Le
groupe était vêtu simplement comme les gens du Proche-Orient
de ces temps là, et ils ce déplacèrent facilement
à travers le monde rural, au printemps de cette année.Ce
cercle de jeunes hommes –
bientôt augmenté de quelques adeptes, y compris des femmes –
développait un vibrant esprit de groupe, comme une équipe
de randonneurs visant à atteindre le sommet des montagnes éloignées.L’autorité
de Jésus était établie, non pas par des mots, mais
par sa personnalité et son esprit.Chaque
jour était positif, plein de nouvelles expériences et émotions,
plein d’espérances.Leur
arrivé apportait la lumière et la joie au peuple, et l’espoir
aux souffrants.
.
Pendant
cette première période, le groupe se déplaçait
presque chaque jour, marchant de village à village.Comme
les villageois curieux commençaient à se serrer autour d’eux,
au coeur des villages poussiéreux, Jésus prit la parole.
.
Après
son discours, de temps en temps, Jésus guérissait les villageois
souffrants.Pour ces deux raisons,
les discours et la guérison, le nombre des adeptes se développait
de façon significative.Bientôt,
il devint impossible de stationner au centre des petits villages.Ils
s’arrêtaient
donc en dehors, de préférence là où Jésus
pouvait se tenir sur une position élevée.
.
Un
fin d’après-midi,
peu de temps avant que le groupe ait atteint un autre village, un prêtre
de second rang –
nous dirions maintenant un rabbin local –
marcha avec Jésus et le mit au défi de présenter plus
clairement ses enseignements.Comme
la foule était particulièrement dense ce jour-là,
Jésus repéra un monticule sur lequel il se hissa et demanda
le silence.Beaucoup de gens s’assirent,
quelques-uns se plaçant en avant avec les malades qu’ils
voulaient présenter pour la guérison.Les
disciples se tenaient au pied du monticule, avec le prêtre au milieu.
.
Jésus
commença à parler, poussé par un feu intérieur,
avec une clarté inhabituelle.Son
discours était fort et clair.En
quelques paraboles, il déclara qu‘ils
n’étaient
pas assez de suivre la loi à la lettre de pure forme.Réaliser
l’esprit
de la loi était demandé, avec la pleine intention du coeur,
accomplissant de ce fait la demande morale.
.
Jésus
poursuivit en présentant un concept du monde totalement nouveau.Ni
les héros forts dans la bataille, ni les rois puissants acquerrant
toujours plus de territoires, ni les riches marchands, et ni même
les grands prêtres ne pouvaient être les modèles du
monde.Chercher à régner
sur le monde par le rang et la richesse ne comptait pas.Seuls
les doux, ceux de cœurs purs, les miséricordieux et les artisans
de paix comptaient devant Dieu.Trouveraient
la récompense les pauvres en esprit, ceux qui pleurent et ceux souffrant
de l’injustice. Aimer
Dieu, s’aimer
et se pardonner les uns et les autres, devait être la première
préoccupation de tous.
.
Ensuite
Jésus pria avec les gens, demandant à Dieu d’aider
dans le combat de la vie.Il implora
également le pardon, et déclara Dieu comme père du
royaume des cieux.
.
Son
sermon et prière posaient le principe d’une
haute moralité, du réconfort dans la douleur, dans la lutte
des vies souvent dures, et une nouvelle image de Dieu en tant que père
affectueux.C’étaient
les bonnes nouvelles, l’«
Evangile », que Jésus présentait au peuple simple de
la Galilée qui écoutait et était prêt à
le suivre.
.
La
foule était captivée par ces propos.La
voix de Jésus dans ce sermon sur la montagne peut encore être
entendue aujourd’hui.Elle
résonne toujours dans nos âmes.Le
prêtre s’éloigna
profondément ému.
.
.
.
Après
discussion approfondie, le Grand Prêtre décida d’envoyer
un autre prêtre en Galilée –
cette fois un homme du temple de Jérusalem en qui il avait toute
confiance –
pour observer et rapporter.Ce prêtre
de Jérusalem, honoré par cette tâche, partit avec quelques-uns
de ses étudiants.
.
Les
fidèles serviteurs de l’
autorité peuvent être dangereux, étant plus inflexibles
et impatients de trouver l’erreur,
que 1es hommes de la vraie autorité qui les envoient.Ils
doivent prouver leur importance dans le monde par l’application
des règlements.Ces «
hommes d’organisation
», comme nous pourrions les appeler aujourd’hui,
agissent selon les principes de l’organisation
et non pas guidés par leur propre jugement.Cependant,
leur rapport critique, même lorsqu’il
concerne des futilités, force les autorités à agir.
.
Le
prêtre et ses étudiants arrivèrent dans une petit village
près de Nazareth, le soir avant le Sabbat, décidant de rester
là comme le prescrivait la loi de Moïse.Le
matin suivant, le Sabbat, ils furent étonnés de voir Jésus
et ses disciples s’approcher
de leur village.Marchant à
travers champs, ce groupe fut vu cueillant quelques épis de blé
pour se nourrir.
.
Le
prêtre regarda ses étudiants d’un
air interrogatif; ils secouèrent la tête en signe de désapprobation.Jésus
et ses disciples entrèrent dans le village.Après
le sermon habituel, Jésus guérit un homme malade.
Le
prêtre observant cette double infraction de la règle de Sabbat –
d’abord
la récolte de blé, puis la guérison –
s’irrita
et défia Jésus d’une
voix forte.Jésus releva calmement
le défi, en déclarent « Le Sabbat est pour l’homme
et non pas l’homme
pour le Sabbat ».
Le
prêtre se dirigea en ville vers la synagogue, et peu après
partit pour Jérusalem, ses étudiants à sa suite.
Quand
Jésus arriva à la synagogue quelque temps après, il
trouva les portes fermées.Il
lui fut dit qu’il
y avait quelques rénovations en cours à l’intérieur.L‘un
des disciples de Jésus fit le rapprochement entre le fait que Jésus
doive rester dehors et la visite du prêtre venu de Jérusalem.
Au
début Jésus détourna les questions posées par
ces perturbateurs, mais celles-ci devenant plus critiques, il s’impatienta
contre eux.Après quoi, it
prêcha au sujet de la faillibilité des prêtres, des
Pharisiens et des scribes.Les disciples
de Jésus avaient bien conscience de la croissance de la polémique,
car au fil du temps, il y eut peu de ville ou village où l’on
permit à Jésus d’entrer
dans les synagogues.Parfois, il fut
contraint de rester en dehors du centre du village.
Les
disciples de Jésus entouraient leur maître plus étroitement.
Leurs visages étaient assombris. À un moment donné,
Jésus leur demanda s’ils
croyaient toujours en lui.Ils affirmèrent
nettement leur engagement, mais quand même, leurs coeurs étaient
lourds.
L’hiver
vint enfin, avec sa pluie et sa neige froide continuelle sur les sommets
des montagnes.Il devint difficile,
parfois même impossible que le groupe important de Jésus –
douze disciples, quelques femmes et autres adeptes –
trouve le logement, la nourriture et l’abri
dans les villages et petites villes.Ils
étaient mouillés, affamés et transis.La
vie devint rude.À un moment
donné, Jésus divisa le groupe, donnant ordre à ses
disciples de sortir, seulement deux par groupe, et de poursuivre leur mission
prêchant et guérissant partout où ils allaient.Certains
retournèrent dans leur village, retrouvant famille et amis pour
l’hiver
.
.
.
À
ce moment là, Jésus alla jusqu’à
une haute montagne, chercher des conseils spirituels.Dès
cet instant, Jésus sut qu’il
ne pourrait continuer seul en Galilée, et qu’il
devait aller directement à Jérusalem pour affronter, en face
à face, les puissances déployées contre lui.L’approche
des célébrations de Pâques à Jérusalem
serait le moment opportun de mettre en application cette décision.
Tous
les disciples de Jésus revinrent près de lui, même
celui qui s’était
égaré pendant l’hiver.Derrière
de grands dirigeants, il y a toujours quelque élément faible
ou sans scrupules, qui sont tolérés.Cependant,
certains de ces disciples sont plus dangereux que d’autre,
et certains sont moins dignes de confiance que d’autres.Ainsi,
Judas avait des parents et amis parmi les prêtres qui l’avaient
distrait afin d’en
savoir un peu plus sur les enseignements de son maître.Judas
avait tenté un compromis, faisant dans le même temps une collecte
de fonds pour le groupe de Jésus, quelque chose pour laquelle il
était bon.
La
circulation était dense sur le chemin de Galilée à
Jérusalem, car les grandes vacances approchaient.Beaucoup
de voyageurs se rendant à la célébration de pâques
connaissaient Jésus et se réjouissaient de voyager avec lui,
en tant qu’un
homme du Nord du pays comme eux, en tant que leur grand prédicateur
et guérisseur.La réputation
de Jésus le précéda dans Jérusalem, probablement
amplifiée par les Galiléens.
Quand
Jésus arriva dans Jérusalem la ville, étincelante
avec son grand temple et sa foule raffinée, était prête
pour l’accueillir.La
décoration était déployée sur son passage dans
l’espoir
que son contact apporterait des bienfaits aux propriétaires. Les
gens qui ne pouvaient pas étendre des vêtements, étendirent
les branches des arbres et frondes des palmes sur la route. La jubilation
de la foule semblait hors contrôle dans ce glorieux moment.
Cependant,
Jésus demeurait sombre.Il
savait que sa bataille décisive était proche et que la fin
en serait son sacrifice.Il n’y
avait aucun retour possible, aucun compromis, mais il ne craignait pas
d’avancer.Ce
dernier jour, Jésus n’était
pas replié sur lui-même. Quand il trouva les marchands dans
l’enceinte
du grand temple, il passa à l’action.Sans
même s’entretenir
avec les prêtres, il chassa les marchands –
avec fureur –
se comportant comme juge et chef suprême du peuple.
Comme
le sermon sur la montagne était le zénith de l’impact
spirituel de Jésus sur le monde, tellement étaient ce jour
et le repas suivant de Jésus avec ses disciples à Jérusalem
le zénith de ses actions dans le monde.Ce
jour était le jour de la dernière vigueur, de la clarté
de détermination et, finalement, la conclusion de sa mission.
Le
jour arriva à sa fin.Jésus
savait ce qu’allait
advenir.Les prêtres devraient
agir ou leur monde s’effondrerait.
Judas
avait été un agent double durant les mois d’hiver,
maintenant ses contacts avec ses amis-prêtres, tout en étant
également un disciple de Jésus.Il
put être le premier des disciples à savoir que ce jour, à
Jérusalem, le destin de Jésus était scellé.Il
put même avertir Jésus juste avant le dîner de Pâques.Ceci
ouvrit les yeux de Jésus sur le fait qu’il
ne pouvait pas faire confiance à Judas, comme certains autres disciples
avaient pu lui laisser entendre, avant.
Au
repas, Jésus expliqua clairement son prochain sacrifice.Il
symbolisa ce sacrifice avec le vin et le pain, invitant ses disciples à
toujours se souvenir ainsi de sa mission.Puis
se tournant vers Judas, il le rejeta en le traitant de traître.Tandis
que Judas se précipitait dehors, en colère, pour aller coopérer
avec les prêtres, Jésus s’éloigna
pour la dernière nuit avec ses disciples les plus proches, et pour
son ultime prière a son Dieu et maître.La
rudesse de la fin de sa mission qui avait démarré si brillamment,
et l’approche
de sa mort douloureuse dans la solitude mentale s’ouvrait
à lui.
Le
conseil des autorités sacerdotales et des chefs des Pharisiens devait
conclure au vu de l’enthousiasme
des foules autour de Jésus et en raison de son action autoritaire
au temple, le siège de leur puissance.Le
conseil était divisé, comme le sont la plupart des conseils.Un
membre du conseil proposa que si Jésus était de Dieu, rien
ne pourrait être fait contre lui.Cependant,
s’il
n’était
pas de Dieu, le temps prendrait soin de lui comme il l’avait
fait bien avant des autres faux prophètes.
Le
conseil des prêtres était sous l’autorité
d’un
archi-conservateur.Le vote ordonna
de tuer Jésus immédiatement, créant ainsi un fait
accompli, avant que les célébrations de la Pâque commencent
et que la foule des disciples Galiléens ait l’occasion
de se regrouper.
.
Suivirent
les apparitions de Jésus à ses disciples –
et puis le phénomène de l’Ascension
et, de façon plus spectaculaire, celui de la Pentecôte.Cette
expérience spirituelle écrasante donna un regain de force
aux disciples de Jésus.Des
groupes de fervents chrétiens commencèrent à se former.
Très
rapidement, les autorités entendirent parler de la résurrection
et réapparition de groupes de disciples de Jésus «
les Chrétiens ».L ‘un
des juges sacerdotaux avait prédit « Si Jésus n’était
pas de Dieu, le temps prendrait soin de lui » ; maintenant le temps
ne prenait pas soin des enseignants de Jésus, les chrétiens.Après
tout, Dieu était-il avec eux ?Leur
nombre grandissant, il devint nécessaire d’agir
; les persécutions survinrent.Les
groupes dispersés trouvèrent alors de nouveaux adeptes dans
les villes éloignées.
L’
agressif et ambitieux Saul se fit un nom en tant qu’exterminateur
des disciples de Jésus.Après
avoir nettoyé Jérusalem, et après plusieurs jours
de voyage, il atteint Damas.Et une
chose inexplicable se produisit alors : Saul est devenu Paul, le chrétien
le plus ardent.
Ce
fut Paul qui donna une nouvelle tournure aux enseignements de Jésus,
qui furent présentés au niveau d’une
théologie et philosophie logique, comme influencés par la
pensée grecque.Le groupe
de disciples, précédemment limité aux juifs, s’ouvrit
aux personnes de toutes les nations.
La
croissance spectaculaire du christianisme commença.Un
petit groupe à Jérusalem tenta de freiner Paul (ou St Paul
comme il devint notoire pour nous) ; en vain.Puis
la hiérarchie des prêtres de Jérusalem fut balayée
par le Romains, dans la destruction de cette splendide ville.Seuls
quelques Pharisiens s’échappèrent
pour joindre les rabbins des centres juifs dans la Diaspora.
Les
premiers groupes de Chrétiens ont été dispersés
dans tout l’empire
romain.Le groupe de Jérusalem
resta soudé et émigra dans la région qui plus tard
devient l’Arabie.Ils
furent reconnus alors par Mahomet, influençant de ce fait l’origine
des enseignements de l’Islam.Les
Chrétiens Romains devinrent dominants en Occident, formant et participant
au triomphe de l’Europe
dans le monde –
mais trop souvent ne suivant pas les enseignements de leur maître,
ne conservant pas pureté de cœur, ne restant pas miséricordieux
et artisans de paix, trop souvent perdant de vue les doux, les simples
d’esprit,
ceux qui pleurent et ceux souffrant de l’injustice.
Le
monde est allé sur son chemin de la modernité, se souvenant
du Christ dans un symbole de base singulier, pas un symbole à reporter
sa mission remplie de lumière et de l’essentiel
de son enseignement des premiers jours, pas un symbole à reporter
son action la plus puissante des derniers jours, mais un symbole conservant
le moment le plus sombre –
la Croix.
*
* *
Et
si Rome n’était
pas devenue Chrétienne ?Quel
cours l’Occident
aurait-il pris dans l’histoire
?Où notre civilisation se
situerait-elle en ce qui concerne la moralité et toute autre pensée
sociale ?Y aurait-il eu l’assistance
sociale, la Croix-Rouge, et tout le travail charitable dans le monde et
l’aide
étranger parmi les nations ?Ne
devrions-nous pas être heureux de vivre dans notre civilisation actuelle
?Nous souviendrions-nous avec bonheur
de Jésus pour sa mission et ses conséquences ?