Un jour, je me suis surpris
en train de rêver ... au sujet de grandes choses … au sujet des grandes choses
que j’ai
voulu faire dans ma vie et n’ai pas faites : la transformation de notre
maison, un voyage d’un bout à l’autre des Andes, l’écriture
d’une
nouvelle, une oeuvre réellement importante.
Pourquoi ne suis-je pas arrivé à les réaliser ? Trop de petites choses ont
priorité ; J’ai un petit
budget ; mon travail ne me laisse pas beaucoup de temps; mon inertie ! Ah ! Lorsque je prendrais ma retraite, alors
je ferais toutes ces grandes choses !
Le matin suivant, je me
sortis de l’un
de ces mauvais rêves qu’il m’arrive de temps en
temps. J’avais vu un vieux
bateau ancré derrière une bouée rouge, et j’avais imaginé combien
il devrait être agréable de faire un grand voyage sur ce bateau. Puis j’ai vu des ouvriers
venir enlever le moteur du vieux bateau.
Il ne sortirait jamais plus pour voyager. J’étais profondément
attristé. Pourquoi n’étais-je
pas parti avant l’arrivée des
ouvriers ? La bouée rouge ne
pouvait-elle pas l’empêcher ? Quel non sens !
La majeure partie de cette
journée, je me suis senti un peu déprimé, un peu troublé. Tard dans la nuit, quand l’horloge
a sonné minuit, j’ai
commencé à écrire l’histoire du bateau.
* * *
En passant la barrière de
péage entrant l’autoroute, la « Turnpike du New-Jersey », à la
« Sortie 8 », direction Nord, on traverse immédiatement le fleuve de
Raritan, en empruntant un grand pont.
Peu de gens remarquent le fleuve, leur attention étant accaparée par le
flot de la circulation; mais c’est l’endroit où l’on
devrait regarder vers le fleuve, à droite, juste au-dessus de la balustrade du
pont. On doit choisir l’itinéraire
des camions (à droite) sur le Turnpike, l’entrant juste après la barrière de
péage, alors que l’on peut avoir une bien meilleure vue du
fleuve.
Autrefois, le Raritan était
un beau fleuve. À New Brunswick, le
fleuve quitte le Piedmont entre les pentes escarpées des denières
collines –
formées il y a des millions d’années quand l’Europe s’est
séparé de l’Amérique
du Nord –
et à partir de là, ses eaux gris-bleu coulent à l’est, à travers
la plaine sédimentaire jusqu’ à l’océan atlantique. Il s’élargit, dessine des
méandres, bordé par une zone de plus en plus large d’herbes
aquatiques vert, tendre au printemps, brun doré a l’automne.
Dans l’ancien
temps, les bateaux remontaient le fleuve avec passagers et cargaison, de New
York a New Brunswick. Puis les passagers
et le fret continuaient le long le King’s Highway, maintenant
route 27, par Princeton, jusqu’à Philadelphie, ou plus loin encore jusqu’à
Baltimore ou Washington.
Les bateaux ne remontent
plus le Raritan. Les chemins de fer, les
voitures et camions le longent bruyamment.
Plusieurs ponts enjambent le fleuve.
Le plus récent et le plus grand est le pont de l’autoroute,
appelé le « Turnpike », deux fois trois voies dans chaque direction,
un total de 12 larges voies intensément utilisées. Plus personne n’a le temps de
regarder le fleuve, au travers de la balustrade.
Le développement moderne a
apporté des problèmes d’ordures ; les grandes villes et l’industrie
ont crée des dépotoirs. Une carcasse de
bateau-transporteur gît sur le rivage du Raritan, au milieu des herbes
aquatiques, à quelques cent mètres à l’est du pont de l’autoroute. Un bateau beaucoup plus petite repose à côté
de lui. Tous deux sont situés derrière une
bouée flottante.
Autrefois, le gros ferry
fréquentait les eaux du port de New York, naviguait entre la ville et des
villes d’autres
rivages. C’est un gros
bateau, long et large, avec deux ponts, peint en jaune vif. Chaque extrémité est équipée d’une
petite cabine juste assez grande pour le capitaine et l’homme de barre
; ces cabines sont peintes de couleur bleu-gris clair. Elles sont situées à chaque extrémité de
sorte que le bac puisse aller dans les deux sens. Au centre du ferry, il y a la grande cheminée
peinte d’une
très jolie couleur rose. C’était
un beau bateau. ..autrefois !
Maintenant, il se repose à
moitie incliné dans le marais, cerné par les hauts roseaux ; l’eau
du Raritan effleure juste la proue.
Le petit bateau à côté de
lui est blanc. On ne le remarque pas, à
moins de vraiment regarder. La bouée
dans l’eau
vient également du port de New York ; elle est peinte en rouge, avec une petite
tour sur le dessus, surmontée d’un panneau carré.
Durant 18 ans, j’ai
emprunté ce pont, mais jamais le trafic ne m’a laissé apercevoir le
ferry, que ce soit dans la chaleur des jours d’été, dans la neige en
hiver, dans les matins lumineux, dans les soirées brumeuses et même dans le
clair de lune. Par ailleurs, je n’ai
rien su au sujet du ferry – jusqu’à ce que je questionne
le vieil encaisseur du péage de la « Sortie 8 » qui siégeait là,
satisfait, tandis que je payais mon péage :
« Quel est le problème de
ce ferry bloqué sur la rive ? »
« C’est toute une
histoire. »
« Quel genre d’histoire
? »
« Il me faudrait trop
de temps pour la raconter ici » me répondit-il tandis que quelqu’un
klaxonnait derrière moi, impatient.
C’était justement
une chaude soirée d’été, lors de ma visite ; nous nous sommes
assis sur le porche d’Henry, et tout de suite ses petits-enfants
sont arrivés –
une petite fille et un petit garçon – s’installant
là avec de grands yeux prêts à écouter notre discussion.
« Grand-père, peux-tu nous
raconter encore ton voyage autour du monde ? » a demandé la petite fille.
« Ou nous raconter d’autres
aventures pendant la guerre ? » a interrogé le petit garçon.
Apprenant que nous allions
parler du ferry, les enfants appellent leurs amis à travers la rue :
« Henry raconte encore l’histoire
du ferry ! ».
Rapidement, nous avons sept
ou huit petits gosses autour de nous.
« Bien » dit Henry. « Bien,
bien, je vais vous dire une fois de plus ce qui m’est vraiment
arrivé, il y a bien longtemps ».
J’étais sur un
petit bateau de pêche, l’une de ces belles nuits de printemps, et me laissais
dériver vers le bas du fleuve silencieux.
L’eau
était haute. Cela arrive quand la pleine
lune produit une haute marée et ne laisse pas l’eau du fleuve s’échapper
vers l’océan. J’avais une canne à pêche
suspendue de chaque côté de mon bateau.
La lune apparaissait très belle dans le ciel ; elle donnait une lumière tamisée
à la scène. J’étais très
heureux, me sentant bien dans cette nature. Ici et là, il y avait la voix des bêtes
nocturnes, des grenouilles et des oiseaux rares.
..mais celle-ci. ..qu’
est ce que c’
était ?
« Krrrr...queeeeek...krr … trrrrrrrrr-queeeeeeeeek » sans arrêt.
Je retirais rapidement les cannes à pêche et les fixais dans le fond de mon
bateau, en écoutent toujours ce bruit. Plus je dérivais, plus le bruit s’amplifiait.
« Krrrr queeeek. ...krrrrrrrrrr queeeeeeeek. »
Maintenant je pouvais entendre d’autres bruits:
« Krrrr. ..tock tock. ..queeek.. .clickclick.. .krrrrrr. »
Lentement, mon bateau se
rapprochait dérivant sur le côté du fleuve qui abrite les hauts roseaux. Et
tandis qu’il
abordait un méandre du fleuve, j’ai vu soudainement un grand bateau devant
moi, éclairé par la lune. Il était peint
en jaune. A chaque extrémité, il y avait
la petite cabine du capitaine peinte en bleu-gris, et au milieu, la cheminée d’un
rose-clair lumineux. »
« Oh comme c’est
beau! » dit la petite-fille d’Henry
« Il ne faut pas l’interrompre
; tu fais ça tout le temps » répliqua son frère.
Henri poursuit:
«Le gros bateau était coincé
de travers dans les roseaux, mais la proue s’étalait dans l’eau.
Comme l’eau
monte la nuit, elle pouvait soulever le bateau, le déplaçant légèrement avec le
mouvement de l’eau.
Etait-ce tout? Je ne faisais pas confiance à ce bruit. Etendant mes mains sur les côtés de mon petit
bateau, je pagayais aussi tranquillement que je pouvais vers les roseaux, et me
glissais dans leur fourré. Là, personne
ne pouvait me voir, mais je pouvais observer le gros bateau à travers la dernière
rangée de roseaux.
J’ai entendu dans
le lointain une horloge sonner les douze coups de minuit. Pas loin de moi, une chouette a fait entendre
son triste cri ... puis j’ai perçu un gros bâillement ... très étouffé
… provenant du gros bateau!
Je restais immobile dans
mon bateau, me tenant recroquevillé le plus possible, les yeux grands ouverts,
ainsi que mes oreilles ... Je souhaitais qu’elles soient devenues
plus grandes »
Henry s’est
enfoncé profondément dans sa chaise pouvant à peine voir la rue sombre au-delà
de la rampe du porche. Il demeure silencieux.
Les enfants restent assis sans bouger. Après quelques instants pour laisser s’installer
le suspense, Henry poursuit :
«Maintenant, j’entendais
un petit bâillement… « haaawwww! »
Je voyais un très petit
bateau blanc – un dériveur – à côté du gros bateau, amarré également entre les
roseaux. Et devant eux, dans l’eau
...quelque chose d’ étrange »
« Le fantôme rouge » dit le
petit-fils d’Henry.
« Oui, vraiment. C’était
un petit fantôme rouge, se balançant de droite à gauche et de gauche à droite. Il tenait ses bras étroitement serrés sur ses
côtés, et avait une grosse tête carrée.
Quand la stupeur s’est
apaisée, j’ai
réalisé que c’était
une bouée rouge avec une petite tour sur le dessus, oscillant avec les remous
du fleuve. Mais que se produisait-il
maintenant ? Les stores s’ouvraient de chaque côté
du ferry et les fenêtres laissaient passer une faible lumière comme si le gros
bateau avait des yeux. La même chose se
produisait sur le petit bateau – deux phares s’éclairaient,
ressemblant à deux petits yeux lumineux. Et sur la tête de la bouée! Qu’étaient-ce ces deux
grosses lucioles avec leur lumière verdâtre?
«Mais oui » répond la voix
profonde du ferry, comme si elle sortait de la profondeur d’un
grand baril en métal. «Est-ce de nouveau
minuit de la pleine lune? »
« Tu dois poursuivre l’histoire
du grand orage de 1921 que tu n’as pas terminé la fois passée»
« Mais oui! »
« Il faisait très mauvais»
dit le ferry, bien réveillé à présent. «La
nuit était descendue et le temps était devenu très mauvais. L’orage a été d’une telle violence que
tout le port de New York a été battu comme s’il y avait une grande marée.
Juste comme je traversais le milieu du
port pour retourner à la ville, un grand navire plein de passagers est passé et
a été renversé par l’orage. Tous les
passagers ont été jetés à l’eau. J’ai
lancé mes moteurs à toute vitesse, allumé ma grande sirène, et courageusement j’ai
foncé dans l’orage
vers le navire chaviré. Je les ai sauvés
... j’ai
sauvé tout le monde! Je suis resté dans
l’orage
jusqu’à
ce que tout le monde soit à bord ! Alors,
je suis rapidement revenu vers la ville afin que les passagers se sèchent et se
réchauffent.
Le lendemain, le maire de
New York est venu m’apporter un drapeau d’ honneur. J ai arboré ce pavillon pendant un mois, en
naviguant à travers le port. Il était
demandé aux autres bateaux de me céder le passage.
Un jour suivant, le roi de Suède
était en visite à New York. Une croisière dans le port, à bord d’un
élégant yacht blanc était programmée. Mais
quand le roi m’a
vu, il a estimé que j’étais plus beau et il a souhaité faire la croisière
avec moi. Un orchestre est monté à bord
et a joué de la musique tandis que je conduisais le roi, en ce jour ensoleillé,
jusqu’à
la petite île de la Statue de la Liberté, puis revenait en ville. Tard dans la soirée il y eut même des feux d’artifice.
« Nous devrions ressortir
dans le port, comme nous le faisions auparavant » dit le petit bateau blanc,
avec enthousiasme.
« Tu sais bien que ce n’est
pas possible» dit le ferry. « Face à nous, il y a la bouée rouge et tu sais
bien qu’il
n’est
pas permis de sortir quand il y a une bouée rouge! Oh! S’il
y avait une bouée verte, je sortirais tout de suite. Je mettrais en marche mes gros moteurs, l’eau
écumerait autour de moi, tous les bateaux me céderaient le passage et nous
serions de nouveau au milieu du port de New York, dans tout ce trafic. »
« Dong! »... Une horloge éloignée
retentit. Il est une heure du matin. La chouette se dépêche de retourner sur son
perchoir.
Le jour suivant, je partais
en voyage pour ne revenir que cinq mois plus tard, en Novembre. L’après-midi de mon retour, j’allais
immédiatement près du fleuve Raritan, sautais dans mon petit bateau pour aller
voir si le ferry était toujours là. C’était
le temps d’automne;
les arbres avaient perdu leurs feuilles; le ciel était gris; le vent froid
faisait frémir l’eau.
Un gros bateau m’a
dépassé. Il était surmonté d’une
énorme grue et avait un important chargement de ferraille. Cinq hommes se tenaient sur le pont, grossièrement
habillés, et sales. Etaient-ce des
bandits qui avaient volé tout ce fer, afin de le vendre? Ils semblaient vraiment dangereux! Leur bateau n’avait aucune
inscription, ainsi il ne pourrait pas être identifié et localisé plus tard.
Alors qu’ils
atteignaient « mon ferry », ils ont arrêté leur moteur et ont regardé
« Voyons s’il
y a quelque chose à prendre, à bord » dit l’un des bandits.
Leur bateau était très près
du ferry ; ce sale type sauta dessus, et disparut rapidement à l’intérieur.
Quelques minutes s’coulèrent
et il réapparut sur le pont, appelant les copains
« Le gros moteur est
toujours à l’intérieur!
Nous devrions le prendre»
Ils ont manoeuvré leur énorme
grue de sorte qu’elle
atteigne le dessus du ferry. Elle a
rapidement soulevé un grand couvercle; un gros crochet a été descendu au bout d’un
câble d’acier.
On pouvait entendre un homme frapper et
jurer à l’intérieur
du ferry. Puis la grue a soulevé,
lentement, un énorme moteur, encore brillant d’huile qui s’égouttait
des extrémités débranchées, comme s’il avait fonctionné il
y a peu de temps.
«Nous prendrons aussi cette
bouée rouge» dit l’un des bandits. «Nous pourrons la mettre
devant notre cachette, ainsi personne n’osera venir nous
chercher ».
Pour faire de la place sur
leur bateau déjà trop plein, ils ont jeté du vieux fer par-dessus bord. Une petite bouée verte qu’ils
avaient volée par ailleurs, se trouva déversée aussi et tomba dans l’eau,
à l’emplacement
même qu’occupait
la bouée rouge volée. Quelle coïncidence!
Je ne pouvais pas regarder
plus longtemps. Je me sentais si
malheureux, tellement furieux, et désarmé dans mon minuscule bateau de pêche,
seul contre cinq grands bandits.
En un rien de temps, le
moteur de leur bateau se mit en marche, et ils disparurent dans un méandre du
fleuve. C’était seulement
trois jours avant la pleine lune. Je
devais attendre pour être avec le ferry quand il se réveillerait encore à
minuit. Peut-être pourrais-je le
consoler.
Trois jours plus tard, j’étais
là, au bon moment, quand la nuit tombait. J’avais froid, j’étais seul. J’examinais le vide sombre de l’eau.
Je me glissais près de « mon ferry », me
cachais entre les roseaux.
« Dong,dong,dong... »
l’horloge
a sonné les douze coups de minuit.
Un oiseau a appelé dans le
lointain, comme s’il
pleurait. Les fenêtres-yeux des deux
bateaux se sont éclairées faiblement. J’ai
entendu de nouveau le baillement « .. .Haaaawwww ! »
C’était le petit
bateau blanc qui parlait de nouveau le premier: « Il commence à faire froid,
ferry. L’hiver
arrive. Nous devrions nous rapprocher pour être ensemble. Ensemble, tout est
plus facilement supportable»
« Oui » répondit le ferry,
tout en réfléchissant.
«Ferry» crie subitement le
petit bateau. «Ferry, ferry ! Regarde! La bouée est devenue verte; nous pouvons
sortir de nouveau ! »
« Ohhhh ! » crie le
ferry d’une
voix que je ne lui connaissais pas – si chaleureuse, si pleine de vie et de
force. Ce devait être sa voix quand il était
jeune, et naviguait dans le port.
Tout à coup, tous les
volets se sont ouverts, toutes les fenêtres se sont éclairées. C’était comme si le ferry devenait plus grand,
comme s’il
rassemblait de nouveau toute son énergie, toute sa puissance …..
….. cependant, tout restait
silencieux !
Les fenêtres restaient éclairées
et c’était
comme si une énorme tension parcourait le ferry ….
...mais toujours le silence!
Plusieurs minutes devaient
s’être
écoulées. Il n’y avait plus de
lumières derrière les fenêtres. Alors le
ferry d’une
voix faible, usée, et creusé dit
«Je ne peux plus voguer. Jamais plus ….
... Je n’ai
plus de moteur!
Le ferry semblait s’enfoncer
plus profondément dans l’eau froide et noire, un peu incliné,
impuissant, coincé dans les roseaux.
* * *
Mon rêve s’est
achevé ici. Je me suis arrêté d’écrire.
Quel rêve cruel. Pour beaucoup de gens, c’est
ainsi que se déroule leur vie. Ils
voient tout le temps une bouée rouge les arrêter. Ils attendent la bouée verte …. et
si toutefois elle vient, il est trop tard.
Mais je ne pourrais pas
finir mon histoire ainsi.
N’y a-t-il rien à
faire dans la vie quand toutes les espérances sont perdues ? Ne pourrait-on pas vivre en paix, en acceptant
la vie comme elle est ?
Les auteurs savent qu’une
histoire qu’ils
commencent à écrire prend parfois le cours d’une vie imprévue, différent de ce
qu’ils pensaient. Le voilà :
* * *
Henry continua de parler :
« Cette nuit, il y
avait un long silence entre les bateaux, sur le fleuve Raritan.
Le petit bateau blanc s’est
rapproché du ferry, dans la froide obscurité, et a dit
« Ferry ! »
« Quoi encore ? » a
murmuré le ferry.
« C’était
agréable toutes les fois que tu racontais des histoires. ..des histoires toutes
passionnantes et hautes en couleurs ! »
« Oui » dit le ferry
« Pourquoi vouloir partir
encore. Pourquoi vouloir subir les
pressions des navires étrangers. Pourquoi
ne pas rester ici, ensemble; c’est si beau et si calme ! »
Le petit bateau blanc s’est
penche contre le gros ferry.
« Nous pouvons être tout à
fait heureux ici … tu continues à me raconter des histoires et moi je continue à
t’écouter
! »
« Dong! » sonne l’horloge
dans le lointain ; c’est l’heure magique.
Henry scruta l’obscurité
et demeura silencieux, perdu dans ses profondes pensées.
Sa petite-fille se serra
étroitement contre lui, essayant de lui sourire, à travers ses larmes.
* * *