1-31-05
Un bon mariage est comme une oeuvre d’art ... ou bien
souvent comme un exercice de cirque sur haut fil – où il n’est
pas facile de rester sur ce fil. Vous et
votre partenaire prenez des habitudes, des maniérismes. Certaines peuvent être amusants au début,
mais au fil du temps, d’autres deviennent énervants où franchement
ennuyants. Vous attendiez-vous à ce que
votre mariage tourne ainsi?
Un jour, vous rencontrez un autre couple dont la chère moitié vous semble
plus intéressante que la votre. Pourtant
tous vos amis envient l’idéale moitié
que vous avez. Ne pouvez-vous pas voir
ceci, réciproquement, vous deux dans vos vies?
Ne pouvez-vous pas simplement sortir des chemins battus, rompre avec l’agacement
ou l’ennui? Ne pouvez-vous pas, vous et votre chère
moitié, simplement prendre une nouvelle et meilleure direction, ensemble, et en
même temps (sinon, comment cela pourrait-il fonctionner), et avancer plus
heureux, comme vous le souhaitiez auparavant.
Cela me rappelle l’histoire de Tom et Evelyne :
* * * *
J’ai rencontré
Tom et Evelyne en 1977, à Santa Clara, en Californie. Ils étaient tous deux dans la trentaine,
élancés, séduisants – lui, blond; elle, brune –
tous deux élégants. Lui était
chef-comptable d’une
petite société d’électronique. Elle était professeur. Ils s’étaient rencontrés à l’université
de Fresno, en Central Valley, et s’étaient mariés peu de temps après la fin de
leurs études. Beaucoup de jeunes
agissaient ainsi –
à cette époque –
alors qu’ils
n’avaient
pas encore développé leur propre personnalité, et qu’ils n’avaient
pas appris à se connaître. De plus, en
ces années là, ils ne pensaient qu’à l’amour. Alors qu’ils se faisaient la
cour, chacun faisait tout pour plaire à l’autre. Réciproquement, ils cherchaient à rendre l’autre
heureux, avec beaucoup de rires, vivant comme dans un monde différent –
comme jamais avant … ou plus jamais?
Tom avait toujours été
fasciné par les chiffres. Il aimait leur
précision et leur sécurité, et c’est la raison pour laquelle il avait opté
pour la comptabilité. Evelyne avait été
fascinée par l’étude
et les choses plus fines de la vie.
Quand elle devint professeur, elle essaya d’aider les
jeunes à faire quelque chose de leur vie, à atteindre des buts plus élevés.
Leur mariage était
harmonieux; toutefois sans grand enthousiasme.
Les enfants n’arrivèrent pas sous leur toit. Tous deux travaillèrent durement et eurent
une maison confortable. Leur mariage
était considéré comme modèle.
Tom était estimé comme un
gentil type par ses collègues. Il était
toujours amical et digne de confiance.
Son travail n’exigeait pas beaucoup d’imagination,
mais l’obligeait
plutôt a garder un profil bas. Il ne
nécessitait pas l’assurance
des ingénieurs de la société ou les manières faux-charmantes des vendeurs.
Tom travaillait beaucoup
et, très souvent, il rentrait tardivement chez lui. Dans ce cas, il n’aspirait qu’à
la détente, et il regardait fréquemment la télévision, des émissions sportives
la plupart du temps.
Pour lui, l’épouse
idéale aurait été une femme tendre, qui soit aux petits soins pour lui; mais ce
n’était
pas dans les aptitudes d’Evelyne.
Tom comprit rapidement que
son mariage refroidissait. Il apprit à s’en
contenter, et à se retirer petit à petit sur sa planète. Mais cette situation empira. L’étincelle de vie avait
disparu: Il s’enfonça,
ne prenant plus soin de sa personne, ne prêtant plus attention à Evelyne. Il perdit même intérêt à ses loisirs. En fait, il se sentait enfermé dans une cage.
Puis quelque chose se
produisit. Tom rêva qu’Evelyne était encore son épouse idéale,
pleine de tendresse, d’attentions, étant toujours là pour lui ; une
réelle partenaire dans la vie. Le rêve
devint une seconde réalité pour lui, et il commença à vivre sur une autre
planète.
Evelyne était considérée
comme une personne aimable par ses collègues.
Elle était toujours amicale et digne de confiance. Son travail exigeait
beaucoup d’imagination,
d’assurance,
de délicatesse avec les autres – avec les enfants et leurs parents. Elle avait goût pour les choses les plus
élevées et les plus fines de la vie.
Quand elle rentrait à la maison, elle avait souvent plaisir à lire un livre
tout en écoutent de la musique. Pour
elle, le mari idéal aurait été un homme intéressant, dynamique et plutôt
élégant; mais Tom ne possédait pas ses qualités désirées.
Evelyne comprit rapidement
que son mariage refroidissait. Mais elle s’adapta, apprit à s’en
contenter, et se retira petit à petit sur sa planète. L’étincelle de vie avait
disparu. Elle s’enfonça, ne
prenant plus soin de sa personne, ne prêtant plus attention à Tom. Elle prit un peu de poids. En fait, elle aussi se sentait enfermée dans
une cage.
Puis quelque chose se
produisit. Evelyne rêva que Tom était encore son mari idéal, rempli d’intérêts
intellectuels, de dynamisme, d’élégance, étant toujours là pour elle ; un
réel partenaire dans la vie. Le rêve
devint une seconde réalité pour elle, et elle commença à vivre sur une autre
planète.
Tom se levait tôt le
matin. Souvent, Evelyne dormait encore,
ses cours commençant plus tard. Il
préparait son petit déjeuner et s’asseyait à table en tricot de corps,
déjeunant tout en lisant le journal.
Quand il était temps de partir, il enfilait une chemise et une cravate,
et s’en
allait au travail.
Les soirées n’étaient
guère différentes. Tom rentrait tard. Si
Evelyne n’avait
pas déjà mangé, il l’aidait à préparer le dîner, et ils s’installaient
sur la table de la cuisine. Ensuite, Tom
faisait la vaisselle, après quoi, alors qu’Evelyne corrigeait les
devoirs de ses élèves, il regardait la télévision – les sports ou
les nouvelles financières – de temps en temps, une histoire d’amour
romantique, avec un peu d’excitation.
Parfois, il désirait
ardemment une femme qu’il pourrait vraiment aimer. Il n’était pas étonnant qu’il
commençait à jeter un coup d’oeil sur d’autres femmes. Quand il en voyait une particulièrement
attrayante, il tombait réellement sous son charme, et devenait encore plus
critique à l’égard
de sa propre femme.
Dans ses fantasmes, il
imaginait son réveil. Il trouvait la
table du petit déjeuner déjà dressée.
Evelyne était la, lui souriant.
Il l’embrassait
avant de s’asseoir. Ensuite, ils desservaient la table, ensemble,
et au moment de partir, ils sortaient main dans la main dans leur petit jardin et
il lui donnait un baiser d’adieu avant d’amarrer. Elle lui faisait signe de la main aussi
longtemps qu’elle
pouvait le voir.
Le soir, sur le chemin du
retour, il attendait avec impatience et bonheur le moment de revoir
Evelyne. Sa femme avait certainement
préparé un petit rafraîchissement pour lui.
Quant il atteignait la maison, elle lui ouvrait la porte ; elle
attendait qu’il
revienne. Elle apparaissait vraiment
chic; quel radieux visage elle avait. On
devait aimer cette femme! Il se
rapprochait tendrement d’elle et lui donnait un baiser.
Durant la soirée, ils
demeuraient l’un
prés de l’autre,
longtemps, se racontant chacun leur journée de travail.
Evelyne ne se levait pas de
bonne heure, ses cours ne commençant qu’à 9 heures. Etant donné que Tom avait I’habitude
de partir tôt, elle préparait vite son propre petit déjeuner. Elle vérifiait rapidement les livres
scolaires qui lui seraient nécessaires, et téléphonait même à quelques parents
d’élèves
qui souhaitaient la rencontrer dans la journée.
Les soirées n’étaient
guère différentes. Souvent, Evelyne
revenait tôt de l’école. Quant elle savait que Tom rentrerait tard,
elle dînait seule, sinon elle l’aidait à préparer le repas et ils s’installaient
sur la table de la cuisine. Ensuite,
elle allait corriger de nouveau les devoirs de ses élèves. De temps en temps, elle lisait un bon livre ;
occasionnellement une histoire d’amour romantique, avec un peu d’excitation.
Parfois, elle désirait
ardemment un homme qu’elle pourrait vraiment aimer. Il n’était
pas étonnant qu’elle
commence à jeter un coup d’oeil sur d’autres hommes. Quand elle en voyait un particulièrement
attrayant, elle tombait réellement sous son charme, et devenait encore plus
critique à l’égard
de son mari.
Dans ses fantasmes, elle
imaginait qu’ils
prenaient le petit déjeuner ensemble.
Tom apparaissait très élégant dans son nouveau costume d’homme
d’affaires. Pourquoi n’était-il pas
vice-président de sa société ? Tandis qu’ils
prenaient ensemble le café, ils parlaient avec vivacité des taches qu’ils
auraient respectivement dans la journée, et des personnes intéressantes
rencontrées. Apres le départ de Tom, la maison lui semblait vide.
Le soir, elle attendait
avec impatience qu’il revienne.
Son mari lui rapporterait certainement quelques fleurs. Quant elle entendait sa voiture arriver, elle
bondissait pour ouvrir la porte, 1’accueillant sur le seuil avec un visage
radieux. Comme il était élégant et quel
homme intéressant il était ! On devait
aimer cet homme. Comme elle était
heureuse quand il la prenait dans ses bras.
Durant la soirée, ils
demeuraient l’un
prés de l’autre,
longtemps, se racontant chacun leur journée de travail.
Départ pour une nouvelle
vie
Alors l’imprévu
se produisit soudainement. Tom ne put
plus longtemps distinguer le rêve de la réalité.
Il était sur le chemin du
retour, et pensa que sa femme, rêveuse, l’attendait. Il s’arrêta devant un
fleuriste et acheta un beau petit bouquet de fleurs. Avant d’arriver a la maison,
il se donna un coup de peigne et s’examina dans le miroir de la voiture. Puis d’un pas étendu, il
marcha vers la porte d’entrée.
Alors l’imprévu
se produisit soudainement. Evelyne ne
put plus longtemps distinguer le rêve de la réalité.
Elle était de bonne heure à
la maison, et pensa que son mari, rêveur, lui reviendrait bientôt. Elle s’embellit un peu,
cueillit quelques fleurs dans le jardin, et prépara un petit rafraîchissement
pour son mari. Quand elle entendit la
voiture s’arrêter,
elle se recoiffa et s’examina dans le miroir de la porte. Elle mit un fond de musique agréable et
ouvrit la porte avec un visage radieux.
Ils osèrent à peine se
jeter dans les bras l’un de l’autre pour réaliser
leur rêve, pour ressentir l’étincelle de la vie, pour être de nouveau les
meilleurs, pour aimer encore, pour avoir trouvé quelqu’un à aimer et
avec qui partager le rire. Quelle joie,
quelle liberté. Dans un premier temps,
ils ne purent pas parler. Tom embrassa Evelyne, légèrement, et elle
rougit. Alors, elle l’attira
à l’intérieur
de la maison, le déchargea de son porte-documents, et l’entraîna vers
la table de la salle à manger ou un rafraîchissement l’attendait.
« Tu es merveilleuse »
dit-il.
« Je t’aime
» repondit-elle.
« Tu as un visage radieux,
aujourd’hui.
C’était
si bien à l’école,
aujourd’hui,
que tu sembles si heureuse ? »
« Rien de spécial. Racontes-moi ta journée, mon amour »
repondit-elle.
* * *
J’ai
vu Tom et Evelyne un certain nombre de fois depuis lors.
Parfois tout semble
bien aller, parfois pas.
Mais maintenant, j’achète
de temps en temps un bouquet de fleurs, avant de rentrer a la maison. Alors, mon « Evelyn » abandonne ce qu’elle
est en train de faire, et nous rions ensemble.